Elle Lui a Volé Sa Bourse Pour Envoyer Sa Fille en France… 5 Ans Plus Tard, Elles L’ont Regretté
Elle Lui a Volé Sa Bourse Pour Envoyer Sa Fille en France… 5 Ans Plus Tard, Elles L’ont Regretté
5 ans. 5 ans que cette fille économisait, révisait, priait pour cette bourse. Et pourquoi ? Pour que ma fille dorme ce soir dans un lit à Bordeaux. Tantine, c’est vrai, on m’a vraiment accepté ? Prends ce sac, ma fille, ton avion est à 6h. Ne réveille pas Aida. Elle avait travaillé cinq ans pour construire ce dossier.
Il leur a fallu une nuit pour le lui arracher. Mais ce qu’elles ignoraient, ces deux femmes qui riaent bas dans le couloir avant l’aube, c’est qu’on ne vole pas un destin, on peut seulement le retarder. Voici l’histoire d’Aïda. Le moisi n’avait pas encore appelé [musique] à la prière que déjà dans la cour de la maison Diop à la Medina, Aida était debout.
C’était ainsi depuis toujours. Elle repliait sa matte, versait un peu d’eau du bidon sur son visage, balayait la cour avant que les coques du voisin ne se réveille complètement, allumait le réchaud pour le café tout bas du matin avant que quiconque n’ait ouvert un œil, elle faisait tout cela sans bruit. C’était ce qu’on remarquait chez Aïa, pas seulement ce qu’elle faisait, mais la façon dont elle le faisait, sans attendre qu’on la félicite.
Sa mère était morte en couche, la laissant seule avec un père qu’il aimait sans savoir comment [musique] le montrer. Quand elle avait 7 ans, son père était parti travailler à Touba pour un contrat de plusieurs mois et n’était jamais revenu. Un accident de la route sur la route de Durbel. [musique] Ba Diob, le frère aîné de son père l’avait recueilli.
Un homme bon mais fatigué de ceux qui préfèrent le silence à la dispute. Quand il s’était remarié avec Socnafal, une veuve de rufisque avec sa propre fille, il s’était dit qu’il donnait une mère à Aïa. Ce qu’il lui a donné, sans le savoir, c’est une leçon de survie. Soknafal n’était pas de celle qui frappe, elle était plus habile que ça.
Elle utilisait les mots choisi avec soin, distribué tout bas, toujours niable. Un matin, Aida venait de terminer de laver le carelage du salon quand Snait entré, avait regardé le sol et soupiré. Aida, tu as encore laissé les coins ? Je recommence tout de suite. [musique] Tantine, tes camarades apprennent des choses utiles, elles construisent quelque chose.
Toi, tu frottes le sol comme une bonne. Oui, tantine. Je ne sais pas quel avenir attend une fille comme toi. Je dis ça comme ça. Elle ne restait jamais pour entendre la réponse. C’était sa méthode, jeter la pierre, partir avant les ricochets. Astou, la fille de Snait toute autre chose. Jolie d’une manière qui faisait pardonner beaucoup de choses.
bruyante, chaleureuse, de celles qui remplissent une pièce rien qu’en y entrant. Elle empruntait les habits d’Aïda et oubliait de les rendre. Elle avait commencé une formation en coiffure, puis en informatique et avait abandonné les deux. Elle avait un ami à Tiè qui lui envoyait du crédit qu’elle dépensait avant même qu’il ne refroidisse dans sa main. Elle partageait la même chambre.
Le soir, Astou parlait de l’Europe, du Canada, de tout ce qui n’était pas le Sénégal. Aida, moi je te le dis, il faut que je parte d’ici, sincèrement. Hm. Tu ne m’écoutes même pas. La France, le Canada, n’importe où, sauf ici. Et toi, tu n’as rien à dire là ? Travaille pour ça.
Travail pour ça, c’est tout ce que tu sais dire. Comme si la vie c’était que le travail. J’ai entendu Astou, toi et ta tête sérieuse. Aïda fermait son cahier, éteignait sa longue torche et s’allongeait. Dans sa tête à elle, un plan se construisait déjà, tranquillement comme tout ce qu’elle faisait. Aïda avait commencé à coudre à 14 [musique] ans sur la vieille machine que sa mère avait laissé.

D’abord des retouches pour les voisines, puis des tenues pour les baptêmes, puis des commandes pour les mariages du quartier. Elle gardait son argent dans une enveloppe craft, cachée dans un vieux courant que son père lui avait laissé. Pas pour le dissimuler, mais parce que c’était le seul endroit de cette maison où quelque chose qui lui appartenait restait vraiment à elle.
Elle avait suivi une formation en gestion à l’ONFP les samedis matin. Elle avait appris à tenir des comptes, à calculer une marge, à écrire une facture. Elle ne le disait à personne. Elle le faisait simplement avant lever du jour entre deux commandes après la vaisselle. Le quartier avait remarqué, c’est la partie que Snafal ne pouvait pas contrôler.
Un après-midi, Tanti Awa l’avait arrêté au robinet du coin. Aida, comment va le travail ? D’t ça va doucement T. Mais ça va. Je disais justement à mon mari hier que tu te tiens bien toi. Sérieuse, travailleuse. Ta mère t’a bien élevé avant que Dieu ne la rappelle. Dieu te voit ma fille. Continue comme ça. Ces chosesl revenaient toujours aux oreilles de Sopna.
Et chaque compliment que le quartier faisait à Aida tombait dans son cœur comme une insulte discrète parce que l’enfant qu’on félicitait n’était pas la sienne. Ce soir-là à table, Baai Job avait mentionné que l’imam avait parlé en bien d’Aïda à la mosquée. Il avait dit comme les hommes disent les bonnes nouvelles, sans comprendre ce que ça coûtait aux femmes qui écoutaient.
Il paraît qu’elle a bon caractère cette petite, que les gens en parlent bien. Le silence s’était installé sur la table. Sokna avait souris. le sourire qu’elle gardait pour les moments publics. Aida essaye oui rien de plus. Pas, on est fier d’elle, pas, elle fait bien, juste assez pour paraître aimable et pas un mot de plus.
Aidaïda avait mangé sans rien dire. Un père qui évite le conflit ne garde pas la paix. Il ne fait que retarder la guerre. C’était un contact de sa fournisseuse de tissu à Sandaga qui lui avait parlé la première fois d’un programme de bourse d’excellence pour jeunes entrepreneurs. Un partenariat entre une chambre de commerce sénégalaise et une école de mode à Bordeaux avec stage rémunérés et possibilités d’installation.
Aida avait suivi chaque étape, chaque dossier, chaque entretien local, chaque justificatif. relevé de compte, lettre de motivation, portfolio de ses créations, photos de ses clientes satisfaites. Il lui avait fallu 5 ans pour construire ce dossier. 5 ans d’économie, de formulaires qu’elle ne comprenait pas toujours et qu’elle remplissait àovoau, de visite au bureau de la chambre de commerce si nombreuse que la réceptionniste connaissait son nom sans avoir besoin de le demander.
Quand la lettre d’acceptation était arrivée, elle avait lu quatre fois avant de se permettre de pleurer. Elle avait fait l’erreur de la porter à la maison, pas par imprudence parce que malgré tout la maison de Ba Diop restait sa famille et elle croyait encore après tout ce qu’elle avait enduré qu’une bonne nouvelle appartenait à la famille.
Elle avait montré la lettre à son oncle en premier. Tonton, ma bourse est passée. Le programme à Bordeaux. J’ai été retenu. Aida, c’est une bonne chose. Une très bonne chose. 5 ans tonton. 5 ans que je travaille pour ça. Ta mère aurait été fière de toi. Elle avait gardé ses mots contre son cœur.
Sokna était apparu dans l’encadrement de la porte. Elle avait écouté. Qu’est-ce qui se passe ? Quelle lettre est-ce la bourse d’Aida est passée. Elle part. Ah bon ? Félicitations Aida. Aida aurait dû remarquer que le sourire n’atteignait pas les yeux. Elle était trop heureuse pour le remarquer. Cette nuit-là, elle avait gardé l’enveloppe sous son oreiller.
Au matin, elle avait disparu. Elle avait vérifié le sol sous la natte, secoué chaque pli de son pagne, fouillit la chambre trois fois, la main tremblante avant que la vérité n’arrive, tranquille et complète. Le côté d’astou dans la chambre était vide. Le sac d’astou avait disparu. Aïda avait couru, couru vers la chambre de son oncle, couru vers le portail, couru vers Sokna, assise calmement dans le salon, une tasse de café tout bas entre les mains, absolument imperturbable.
Où est Asstou ? Où sont mes documents ? Baisse la voix dans cette maison. Mon enveloppe a disparu. Ma bourse, tout ce pourquoi j’ai travaillé a disparu. Astou est parti en voyage. C’est tout ce que je sais. Parti sans un mot, parti avec mes documents. Vous avez fait ça, vous lui avez donné ma place.
Vous avez Surveille ta bouche. Tu es dans la maison de ton oncle, pas au marché. Tonton, tonton, venez voir ce qui s’est passé. Ba Diop était apparu et lui avait tout raconté. L’enveloppe disparue, la chambre vide, la fugue d’astou. Il avait écouté Sorna. Tu sais quelque chose là-dessus d’Arvant ? Moi d’où ? Je sais que cette fille jalouse ma fille depuis toujours.
Astou a eu sa propre opportunité et elle est partie. Pourquoi faut-il toujours que tout tourne autour d’Aïda ? Es-tu sûr que les documents étaient là hier soir ? Tonton, je l’ai gardé sous mon oreiller, j’en suis certaine. Ou peut-être que tu les as égaré et que tu veux accuser ma fille de ta propre négligence. B Job n’avait rien dit de plus.
Ce silence- làà était sa propre réponse. Le quartier avait tout entendu. Les quartiers entendent toujours tout. Dans l’après-midi, l’histoire avait déjà changé de forme dans la bouche des voisins. Le soir, elle avait voyagé jusqu’à la rue suivante. Vieux Sam avait secoué la tête près du [musique] portail en parlant bas à sa femme.
Cette Aida, elle aurait dû garder ses affaires pour elle. On pas une bourse dans une maison où il y a des jalouses. Tanti Awa était venu s’asseoir à côté d’elle ce soir-là dans la cour. Je te crois ma fille. Tu m’entends de voir ? Je te crois. Personne ne fera rien. Tanti. Il n’y a rien à faire aujourd’hui.
Mais Dieu ne dort jamais ma fille. J’ai construit ça pendant 5 ans. 5 ans ? Je sais. Je sais. Elles étaient restées assises ensemble dans la lumière qui baissait. La cour continuait de vivre autour d’elle comme si rien ne s’était passé. Odeur de cuisine, enfant qui courait, une radio quelque part.
Sokna était passé dans la cour sans la regarder. Cette nuit-là, Aida s’était assise seule dehors, les mains vides. Pas de couture, pas de cahier, pas de plan, juste le poids immense et silencieux d’un avenir volé dans le noir. Elle aurait pu crier, elle aurait pu tout casser, elle aurait pu aller voir les marabous du quartier, les anciens.
N’importe voudrait l’écouter, mais elle savait déjà comment ça finirait. Elle avait vu comment le quartier la regardait ce jour-là avec une pitié qui devenait vite de la distance. Personne ne veut être proche d’une fille que l’univers semble punir. Alors, elle s’était assise et elle s’était fait une promesse tranquille. Ceci [musique] ne sera pas la fin de mon histoire. Elle ne l’avait pas dit fort.
Elle ne l’avait dit à personne. Elle se l’était dit à elle-même dans le noir. Comment fait les promesses qui tiennent vraiment ? Le lendemain, elle recommencerait à partir de rien. Personne n’applaudit une personne qui recommence à zéro. C’est la partie qu’on ne raconte jamais. On te parle de résilience, de renaissance, du feu qui rend l’or plus fort, mais on ne te dit pas ce que ça fait de traverser un marché où les gens te saluaient à deux mains et de les voir désormais détourner le regard. Aïda connaissait ses
sentiments. Maintenant, le jour où elle avait fait son petit sac et quitté la maison Job, personne ne l’avait retenu. Son oncle se tenait dans le maincadrement de la porte avec l’expression d’un homme qui savait qu’il avait échoué mais ne trouvait pas les mots pour le dire. Sokna regardait depuis la fenêtre.
Aïda n’avait pas regardé en arrière. Elle avait loué une chambre unique dans une maison à court commune du côté de Grandiof. Une fenêtre, un toit qui se plaignait quand il pleuvait et une logeuse SN bas. Une autre SoNA ironie que la vie lui avait offerte sans commentaires qui avait vu assez de la vie pour se mêler de ses propres affaires.
Il lui restait un peu d’argent, pas beaucoup. Assez pour acheter du temps, pas du confort. Elle avait commencé avec ce que ses mains savaient déjà faire. Elle avait trouvé un emploi dans un atelier de couture du marché HLM, pas comme la créatrice qu’elle était en train de devenir, mais comme apprenti. Celle qui coupe le fil, balait le sol, tend les épingles à la femme qui possède les machines.
Sa première semaine, elle avait gagné juste de quoi acheter un sac de riz et le transport pour 3 jours. La deuxième semaine, la patronne de l’atelier, une femme robuste appelée Tanti Kumba, l’avait observé travaillé et l’avait fait passer du sol à la table. “Tu as déjà fait ça ?” avait dit Tanti Kumba sans lever les yeux de sa machine.
Un peu, tant. Un peu. Ce n’est pas ce que je vois. Assi-toi, montre-moi ce que tu sais faire avec ce tissu. Tantik Kumba avait regardé sans un mot. Quand c’était fini, elle avait tenu l’ouvrage à la lumière, l’avait tourné lentement. Qui t’a appris ça ? Je me suis appris toute seule, tanti. À regarder, à pratiquer.
Tu as de bonnes mains, je vais t’apprendre le reste. C’était la première porte. Les moqueries étaient venues de là où elle ne les attendait pas. Pas des étrangers mais des voisines. Des femmes qu’il avait félicité au robinet qu’il avait appelé fille sérieuse qui avait dit “Dieu te voit.” Ses mêmes bouches portaient maintenant d’autres mots.
[musique] Elle les avait entendu au marché un après-midi. Elle ne l’avait pas cherché. Elle négociait du fil quand deux femmes du quartier étaient passées derrière elle. Voie basse mais pas assez. Tu as vu Aida ? Celle qui parlait de grandes bourses, d’europe, de business, regarde là maintenant en train d’acheter du fil.
Si tu ne sais pas garder tes affaires, la vie t’apprendra. Elle aurait dû faire plus attention. On dit qu’elle a accusé la fille de Sorna. Wallahi, la jalousie ne laisse pas certaines personnes tranquilles. Aïda avait gardé les yeux sur le fil, elle avait demandé le prix, elle avait payé. Elle était partie. Elle avait pris le chemin le plus long jusqu’à chez elle pour que personne ne voit son visage avant qu’elle ne l’ait remis en ordre.
Pendant ce temps, en France, Astou découvrait quelque chose que personne ne l’avait prévenu. Une opportunité sans la préparation qui va avec est un fardeau lourd à porter. Elle avait débarqué avec les documents d’Aida, le nom d’Aida sur le programme et aucune de la discipline d’Aida, la structure du programme, les horaires, les compte-rendus à rendre, les stages exigés ressemblaient à une punition pour Astou.
Elle avait commencé à sécher les cours. Elle avait trouvé des gens pour qui sécher ressemblaient à de la liberté. L’argent donné pour les frais partait dans des directions qui n’avaient rien à voir avec les frais. En 4 mois, elle avait été discrètement renvoyée du programme. Elle n’avait pas appelé pour le dire.
Elle disait à sa mère que tout allait bien. Elle avait trouvé une chambre avec trois autres filles sénégalaises et avait commencé à survivre comme survivent les gens qui ont brûlé la structure censé les porter. Un jour difficile à la fois, sans rien qui pousse dessous. Mais cette histoire làà se passait en France.
Aida ne la connaissait pas. Elle n’avait pas le temps de se demander. Elle était trop occupée à construire. Tantik Kumba lui avait appris le patronage à lire les mesures d’un corps comme certaines personnes lisent les visages vite avec justesse et assurance. Elle avait appris quel tissu bougent et lesquels résistent.
Elle avait appris à faire quelque chose à partir de presque rien et à le faire paraître voulu. Après 8 mois, Tanty Kumba l’avait appelé un matin avant l’ouverture de l’atelier. J’ai une cliente, une grosse cliente. Elle veut une tenue pour le mariage de sa fille. 12 pièces. toutes les femmes de la famille. Elle m’a demandé je veux te la confier. Je supervise.
Mais c’est toi qui dirige. Tu peux voouer ? Oui tant, je peux bien. Ne laisse pas tes mains me mentir. Ses mains n’avaient pas menti. Les 12 pièces avaient été livrées à temps. Parfaitement ajusté et la cliente avait photographié chacune d’elles. Elle avait posté les photos, elle avait identifié l’atelier.
Elle en avait parlé à ses amis. À la fin de cette semaine-là, trois nouvelles clientes s’étaient présentées à la porte de Tanti Combat demandant la fille qui avait cousu tenu du mariage. Elle ne demandait pas à Tanti Kumba, elle demandait à Ida. Elle n’avait pas fêté ça bruyamment. Elle était rentrée dans sa petite chambre du côté de Grand Yof.
S’était assise au bord de son lit et s’était accordé un instant tranquille de quelque chose qui ressemblait à une preuve. Ça marche. Puis elle avait repris son cahier et planifié le lendemain. 5 ans, c’est long. Assez long pour qu’un quartier oublie ce qu’il a dit sur toi. Assez long pour que les femmes t’ chichotaient au marché aient besoin de quelque chose de toi.
Assez long pour qu’un nom qu’on prononcé avec pitié soit désormais prononcé avec un tout autre poids. L’atelier d’Aida se trouvait maintenant à Sacré Cœur. Un vrai atelier, pas une table, pas un coin emprunté à l’espace de quelqu’un d’autre. Son nom était sur l’enseigne en lettre noire bien-être Aida Diop Couture. Elle avait quatre couturières sous ses ordres.
Elle avait une liste d’attentes. Elle avait des fournisseurs qui l’appelaient au lieu du contraire. Elle avait tout construit de la même manière qu’elle avait toujours tout construit tranquillement entièrement sans demander la permission de personne. Tanticomba était venu à l’ouverture de l’atelier. Elle s’était assise au premier rang des chaises en plastique, avait mangé les beignets et avait observé tout l’après-midi avec le calme de quelqu’un qui savait que ce jour arriverait bien avant tout le monde.
Tu te souviens de ce que je t’ai dit le premier jour ? Ne laisse pas tes mains te mentir. Tes mains n’ont jamais menti. Pas une seule fois. Je suis fière de toi, ma fille. C’est vous qui m’avez donné ma première chance, tant, je ne l’oublierai jamais. Va accueillir tes invités, cette journée t’appartient.
et lui appartenait vraiment. Pour la première fois depuis longtemps, quelque chose lui appartenait entièrement. Astou était revenu un mardi sans prévenir, sans coup de fil avant, juste un taxi qui s’était arrêté devant l’ancienne maison Diop. Un seul sac et un visage qui avait vieilli d’une manière qui n’avait rien à voir avec les années.
L’étranger n’avait pas été tendre. Quand le programme avait pris fin et que la structure s’était écroulée, Astou avait passé 2 années de plus à essayer de se maintenir dans un pays qui n’avait aucun intérêt particulier à l’idée. Elle avait fait de petits boulots. Elle avait changé de chambre trois fois. Elle avait emprunté de l’argent qu’elle ne pouvait pas rembourser.
Et puis un contrôle administratif de routine avait fini par révéler ce que personne n’avait cherché à cacher assez bien. Un dossier au nom d’une autre, une identité qui ne correspondait pas aux empreintes, une fraude documentaire vieille de 5 ans. Elle avait été placée en centre de rétention puis expulsée. Elle portait la honte tranquille de quelqu’un qui vit une vie qui n’a jamais été faite pour elle.
Une honte qu’elle traînait chaque jour jusqu’à ce qu’elle devienne trop lourde d’apporter autrement. Elle était rentrée les mains vides et elle le savait. Sokna avait vieilli elle aussi. La maison paraissait plus petite d’une certaine manière. Ba Diop marchait plus lentement maintenant. Ses genoux lui donnaient du mal.
Sa télévision toujours allumait le soir mais ses yeux ne la regardaient pas toujours. En une semaine, les problèmes d’argent étaient devenus évidents. La maison tournait depuis longtemps sur très peu. Sokna avait des dettes qu’elle gérait avec fierté et silence. Et maintenant avec Astou de retour et rien qui rentre, le silence devenait difficile à maintenir.
C’était Snavait pris la décision. Elle lui avait coûté plus qu’elle n’aurait dû. Elles étaient venues un samedi, le matin était encore jeune et Aïda était à l’atelier en train de revoir des commandes de tissu avec une de ses couturières. Quand elle avait entendu frapper, elle avait levé les yeux. Sokna se tenait à la porte de l’atelier.
Astou se tenait légèrement en retrait. Plus petite Kaïda ne s’en souvenait. Les yeux baissés, les mains jointes devant elle comme quelqu’un qui attend un verdict. La couturière avait regardé entre elles deux et avait tranquillement trouvé une autre pièce où se rendre. Aida, nous sommes venus te voir. Je vois ça. Asseyez-vous.
Aïda était restée debout. Pas pour dominer, mais parce que ses M avaient besoin d’une occupation et les commandes de tissu étaient encore sur la table. Sukna avait regardé l’atelier lentement, l’enseigne, les tissus, les quatre postes de travail, la première facture Kaïda avait jamais complété seule encadré au mur.
Tantikumba lui avait suggéré de l’encadrer et elle l’avait fait. Quelque chose avait traversé le visage de Sukna. Ce n’était pas tout à fait de la culpabilité. C’était l’expression d’une femme en train de faire un calcul dont elle n’aimait pas le résultat. Tu t’en es bien sorti ? Merci. Nous ne sommes pas dans une bonne position en ce moment.
Les choses ont été difficiles. Astou est revenu et nous essayons. Nous avons besoin d’un peu d’aide financièrement juste pour nous remettre debout. L’atelier était resté silencieux. Dehors, la rue continuait à bouger. Des mottaxis, de la musique venant d’une boutique voisine, une femme qui criait des prix de tissu.
La vie qui continuait comme toujours. Aïda avait regardé Sukna puis Astou qui n’avait pas relevé les yeux une seule fois depuis qu’elle s’était assise. Puis elle avait regardé la facture encadrée au mur. Elle avait pensé à l’enveloppe craft sous son oreiller au matin où elle s’était réveillée et qu’elle avait disparu au silence de son oncle, au chuchotement des femmes du quartier au marché.
à la chambre unique du côté de Grand Yof, à la nuit où elle avait fait un plan seule sans que personne ne la regarde. Elle avait pensé à tout ça et puis elle avait laissé partir, pas pour elle, pour elle-même parce qu’elle avait appris en 5 années difficiles que la rancune est la seule prison qu’on construit soi-même et dans laquelle on accepte ensuite de vivre.
Elle avait tiré une chaise et s’était assise face à elle. Sa voix quand elle était venue était calme et claire. Je ne vais pas vous donner d’argent. La mâchoire de SK’était crispée. Pas parce que je ne peux pas, mais parce que ce n’est pas ce dont ni vous ni moi avons besoin en ce moment. Tu veux nous humilier alors ? Non. Alors après tout là, je vous ai invité à vous asseoir Tantine.
Vous êtes venu et je vous parle avec plus de respect que ce moment n’en mérite. Écoutez-moi. Ce qu’on m’a fait était injuste. Vous le savez, je le sais, tout le quartier le sait. Et ce n’est pas pour ça que j’ai construit cet endroit. Mais je ne signerai pas un chèque non plus, comme si l’argent pouvait replier tout ça et le ranger. Aida avait murmuré Astou à peine audible, toujours sans lever les yeux.
Je suis désolé. L’atelier avait gardé cette phrase suspendue un long moment. Aïda avait regardé sa cousine pleinement pour la première fois depuis qu’elle s’était assise. Je sais que tu l’ai, Astou. Astou avait enfer relevé les yeux. Rogie, je ne voulais pas. Ce n’était pas censé. Ça ne change rien maintenant.
Ce qui est fait est fait et tu en as déjà vécu la conséquence. Je n’ai pas besoin d’y ajouter. Elle s’était levée, avait lissé son tissu, était allé jusqu’à la porte et l’avait tenue ouverte, pas par colère, mais avec l’énergie tranquille et évidente d’une femme qui sait exactement où sont ses limites et qui a payé pour chacune d’elles.
J’espère sincèrement que les choses s’arrangeront pour votre famille, mais je ne peux pas être celle qui répare ça. Ce chapitre est fermé. C’est donc ça. C’est ça. Sukna était sortie la première. Astou [musique] avait suivi. À la porte, elle s’était arrêtée et retourné. Un dernier regard vers Aida, vers l’atelier, vers le nom sur l’enseigne dehors.
Aïda était restée seule dans son atelier un moment. [musique] Pas de colère, pas de larme, pas même de soulagement. Juste l’immobilité profonde est posée d’une femme qui avait traversé le feu et en était ressortie de l’autre côté en sachant exactement qui elle était. Elle était retournée à ses commandes de tissu. Elle avait repris son stylo.
Elle avait continué à travailler comme elle l’avait toujours fait comme elle le ferait toujours. Si vous avez suivi cette histoire jusqu’au bout, je vous remercie sincèrement. Prenez un instant pour vous abonner et rejoindre notre grande famille d’Amoureux des histoires. Et avant de partir, une autre belle histoire vous attend déjà à l’écran.
[musique] Allez-y, je vous promets que ça vaut le détour. Oh.