Elle savait qu’il la détruisait… Mais une force la ramenait vers lui
D’accord. Dès le lendemain, les appels commencèrent. Ensuite vinrent les bouquets de fleurs, les petites attentions, les longues conversations jusque tard dans la nuit. Quelques semaines plus tard, ils étaient officiellement en couple. Lorsque sa sœur l’a prit, elle demanda : “C’est bien le chanteur ?” “Oui, celui qui a 15 ans de plus que toi ?” “Oui, tu es sérieuse ?” “Très sérieuse.” Nadèche fit un soupir.
Amandine, cet homme ne mène pas la vie d’un mari. Tout le monde le sait. Les gens parlent beaucoup, ce ne sont pas que des rumeurs. Amandine se leva. Je suis fatiguée qu’on me dise avec qui je dois sortir. La discussion s’arrêta là, mais quelques jours plus tard, ce fut au tour de sa mère. Élise attendit qu’elle soit seule dans la cuisine. Ma fille, il faut qu’on parle.
Amandine leva les yeux au ciel. Je sais déjà de quoi. Cet homme ne m’inspire pas confiance. Parce qu’il est chanteur. Non. Alors pourquoi ? És prisit son temps avant de répondre. Je ne sais pas l’expliquer, mais quelque chose me dérange chez lui. Tu le juges sans le connaître. Donne-lui une chance.
Ce n’est pas lui qui m’inquiète, c’est toi. Amandine détourna le regard. Maman, je suis heureuse. J’espère simplement que tu le seras encore dans quelques années. Malgré les réticences d’Élise et de Nadège, Matis continua de venir à la maison. Le père d’Amandine, Victor, l’accueillait toujours avec courtoisie.
Après le départ du chanteur, Victor déclara : “Il est respectueux. Élise tourna aussitôt la tête. Tu le connais depuis combien de temps ? Je dis seulement ce que j’ai vu.” Les apparences sont parfois trompeuses. Victor ha ossa les épaules. Amandine est assez grande pour faire ses choix. Ses mots rassurèrent la jeune femme.
Elle avait enfin l’impression que quelqu’un lui faisait confiance. Matis voyageait souvent. À chaque retour, il rapportait un petit cadeau. Jamais rien d’extravagant, mais toujours quelque chose qui faisait sourire à Mandine. Un soir, alors qu’ils étaient assis seuls après le dîner, Matis prit doucement la main. Beaucoup de gens vont essayer de nous séparer. Ça n’arrivera pas.
Matis la regarda quelques secondes avant d’esquisser un léger sourire. Un matin, il l’emmena visiter un petit local commercial. “Qu’est-ce qu’on fait ici ?” demanda-t-elle. “Entre !” Elle regarda autour d’elle. Le local était vide. C’est joli. Matis lui tendit un trousseau de clé. Il est à toi. Amandine ouvrit de grands yeux.
Arrête de plaisanter. Je ne plaisante pas. Tu m’as dit que tu rêvais d’avoir ta propre boutique de vêtements. Alors on va la faire. Elle lui sauta dans les bras. Merci. Merci beaucoup. Quelques semaines plus tard, la boutique ouvrait ses portes. Matis lui rapportait parfois des vêtements de ses voyages, mais Amandine commença à choisir elle-même ses marchandises et à gérer ses commandes.
Le commerce était modeste, mais les ventes lui permettaient déjà de couvrir ses dépenses personnelles sans avoir constamment besoin de demander de l’argent à Matis. Elle avait l’impression que sa vie prenait enfin la direction dont elle rêvait. Mais ce bonheur ne dura pas longtemps. Un après-midi, alors qu’elle rejoignait Matis sans l’avoir prévenu, elle le trouva en pleine discussion avec une jeune femme.
En la voyant, la jeune femme s’éclipsa rapidement. “Qui est-ce ?” demanda Amandine. Matis répondit sans même lever les yeux. “Une connaissance. Elle avait l’air très proche de toi. Tu commences déjà ? Tu te fais des idées ?” Amandine préféra ne pas insister. Quelques jours plus tard, elle entendit de nouvelles rumeurs. Chaque fois un prénom revenait.
Lydia. Peu après, elle surprit Matis en compagnie de la même jeune femme. Il ne chercha même pas à nier. “Qu’est-ce que tu fais ici ?” demanda-t-il sèchement. “C’est plutôt à moi de te poser cette question.” Matis referma calmement la portière de sa voiture. “Rentre chez toi.

” Tu m’avais promis, je t’ai dit de rentrer. Elle resta immobile. Lydia monta dans la voiture sans même la regarder. Ils partirent sous ses yeux. Amandine éclata en sanglot. Ce jour-là, elle prit une décision. C’est terminé. Le lendemain matin, elle répéta la même phrase devant son miroir. C’est fini. Pourtant, en fin d’après-midi, son téléphone sonna.
Matis, elle fixa l’écran plusieurs secondes. Je ne répondrai pas. Le téléphone s’arrêta puis recommença encore et encore. Finalement, elle décrocha. Tu es où ? Chez moi. Passe ce soir. Amandine savait qu’elle devait dire non. Elle en était convaincue. Pourtant, les mots refusèrent de sortir. D’accord.
Le soir même, elle était de nouveau chez lui comme si la veille n’avait jamais existé. Les mois suivants se ressemblèrent. Les tromperies, les pleurs et toujours le retour de Matis. À chaque fois, Amandine se promettait que ce serait la dernière. À chaque fois, elle échouait. Même lorsqu’il devenait froid, même lorsqu’il disparaissait plusieurs jours sans donner de nouvelles, elle revenait toujours.
Elle ne comprenait plus son propre comportement. Sa mère la trouva assise seule dans sa chambre. Ses yeux étaient rouges. Tu as encore pleuré ? Amandine essuya rapidement ses joues. Non. Élise s’assit près d’elle. C’est à cause de Matis. Amandine s’englottait sans pouvoir s’arrêter. Sa mère l’a pris dans ses bras.
Tu n’es plus la même ma fille. Je veux partir alors pars. J’essaie maman, je te promets que j’essaie. Mais dès qu’il m’appelle, toutes les raisons que j’avais de le quitter disparaissent. Élise ne savait plus comment aider sa fille. Trois semaines passèrent. Matis était reparti en voyage.
Comme à son habitude, il avait confié sa maison à Joël, un jeune homme qui vivait chez lui depuis plusieurs années. Il s’occupait de l’entretien de la maison, préparait tout avant chacun de ses retours. Amandine connaissait bien Joël. Il discutait souvent lorsqu’elle venait voir Matis. Ce matin-là, alors qu’Amandine ouvrait sa boutique, son téléphone sonna. Elle regarda l’écran.
Joël ! Étonnée, elle décrocha. La voix du jeune homme semblait inhabituelle. Amandine, tu peux passer aujourd’hui ? Il y a un problème ? Oui, enfin, je préfère te montrer plutôt que t’expliquer qu’est-ce qui se passe ? Tu peux venir ? D’accord, j’arrive. Une trentaine de minutes plus tard, elle arriva devant la maison de Matise. Joël l’attendait déjà.
Son visage était fermé. Merci d’être venu. Tu me fais peur. Il regarda autour de lui avant d’ouvrir la porte. Entre. Ils traversèrent le salon sans dire un mot. Arrivé dans la chambre de Matis, Joël s’arrêta. Ce matin, il m’a appelé et m’a demandé de laver un costume rangé dans une grande mallette noire.
Il désigna une imposante valise posée au pied du lit. Je l’ai ouverte pour chercher le costume. Amandine ne comprenait toujours pas. Joël baissa légèrement la voix. J’ai trouvé autre chose. Je me suis demandée si je devais te le montrer. Qu’est-ce que tu as vu ? Regarde toi-même. Il souleva les vêtements.
Au fond de la mallette se trouvait un bocal en vert rempli d’un liquide couleur miel. À côté reposait un cœur rouge cousu dans du tissu. Autour. Quelques petits objets étaient soigneusement disposés. Amandine resta pétrifié. C’est quoi tout ça ? Je n’en sais rien. Joël souleva délicatement le bocal pour dégager le fond de la mallette.
Quelque chose glissa. Une photographie pliée en deux. Amandine la ramassa. En la dépliant, son souffle se coupa. C’était une photo d’elle. La photo qu’elle avait offerte à Matis plusieurs mois auparavant. Pourquoi ? Elle releva les yeux vers Joël. Pourquoi ma photo est ici ? Le jeune homme paraissait tout aussi déstabilisé.
Je ne sais pas. Amandine reposa la photographie. Remets tout comme c’était. Tu es sûr ? Oui. Joël remit soigneusement chaque objet à sa place e referma la mallette. Avant de quitter la chambre, il se tourna vers elle. Je ne voulais pas te faire de mal, mais j’ai pensé que tu devais être au courant. Elle hoa simplement la tête.
Quelques jours plus tard, Matis rentra de voyage. Amandine ne tarda pas à lui rendre visite. Ils discutèrent quelques minutes comme si de rien n’était. Puis elle finit par demander je peux te poser une question ? Bien sûr. Pendant ton absence, je suis passé chez toi. J’ai vu ta grande mallette ouverte dans ta chambre.
Matis s’immobilisa. Qui l’a ouverte ? Ce n’est pas la question. J’ai vu ce qu’il y avait dedans. Un court silence s’installa. Après un instant, Matis éclata doucement de rire. C’est donc ça ? Amandine resta surprise par son calme. Tu trouves ça drôle ? Tu t’imagines sûrement des choses. Explique-moi.
Il prit son temps pour se lever. Le miel fait partie d’une préparation traditionnelle que je prends avant de monter sur scène. Et le cœur, c’est un porte-bonheur qu’un ancien musicien m’a offert il y a des années. Et ma photo ? Matis fit un geste évasif. Tu me l’avais donné.
Elle a dû glisser sous le bocal quand j’ai rangé mes affaires. Cette explication lui sembla peu crédible. Mais Amandine n’avait aucune preuve du contraire. Matis posa doucement une main sur son épaule. Tu crois vraiment que je te ferai du mal ? Amandine ne trouva aucun argument valable. Non, répondit-elle. En quittant la maison, elle était persuadé que quelque chose n’allait pas.
Pourtant, sans vraiment comprendre pourquoi, tous les doutes qu’il avait envahis quelques heures plus tôt semblaient déjà s’effacer. Un dimanche après-midi, trouva Amandine assise sous la véranda. La jeune femme tenait son téléphone depuis plusieurs minutes sans rien faire.
“Tu attends son appel ?” demanda Élise. Amandine sursauta légèrement. Non. Élise s’assit à côté d’elle. Tu n’as presque rien mangé depuis ce matin. Je n’avais pas faim. Et tu n’as pas ouvert ta boutique hier. Amandine posa enfin son téléphone sur la table. Je suis seulement fatiguée. Non. Tu passes tes journées à attendre quelqu’un qui ne se demande même pas comment tu vas.
Amandine se leva brusquement. Je ne veux pas encore parler de Matis. Très bien. La réponse calme de sa mère l’a surpris. Élise ne tenta pasenir. “Ton père et moi avons pris une décision”, reprit-elle. Amandine se retourna. Laquelle ? Nous allons passer quelques jours chez ton oncle.
Tu as besoin de respirer car ici tu n’y arrives plus. Tu ne m’en avais jamais parlé. C’était volontaire. Amandine afficha une expression perplexe. Si Matis l’apprend, il trouvera certainement une raison de t’empêcher de partir. Il ne ferait jamais ça. Élise ne répondit pas. Le lendemain, Amandine voulut appeler Matis pour lui parler du voyage.
Sa mère l’arrêta aussitôt. Ne lui dis rien. Fais-moi confiance. Il va se fâcher. Il faut quand même que je le prévienne. Élise secoua doucement la tête. Pas cette fois. La famille monta dans le véhicule. Victor démarra. Pendant plusieurs heures, ils roulèrent sur de longues routes bordées de villages de champs.
Le réseau téléphonique devenait de plus en plus instable. Amandine regarda plusieurs fois son téléphone. Aucun appel. Aucun message. Elle trouva cela étrange. “Il dort sûrement”, murmura-t-elle. Au début, elle ressentit une certaine nervosité. Elle imaginait déjà la colère de Matis lorsqu’il apprendrait son départ.
Elle eut même envie de demander à son père de faire demi-tour. Mais plus les heures passaient, plus cette envie diminuait. En fin de journée, ils arrivèrent enfin chez l’oncle. La cour était pleine de cousins, de tantes. Les retrouvailles furent chaleureuses. Pendant deux jours, Amandine ne pensa presque plus à Matis. Elle ne ressentit pas cette envie pressante de l’appeler pour savoir où il se trouvait.
Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait légère. Le troisième jour, son téléphone vibra enfin. Matis, elle décrocha. Tu es où ? Chez mon oncle. Sa voix changea brusquement. Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Tout s’est organisé rapidement. Tu plaisantes ? Donne-moi l’adresse. Une pointe d’angoisse envahit Amandine.
Je rentrerai dans quelques jours. Mathis raccrocha sans un mot. Quelques minutes plus tard, il rappela encore et encore. Lorsqu’elle finit par répondre, il parlait beaucoup plus fort. Tu crois que c’est normal de disparaître comme ça ? Tu aurais dû me prévenir.
Je suis simplement partie avec mes parents. Passe-moi ta mère. Elise, qui avait tout entendu, prit doucement le téléphone. Allô madame, pourquoi avez-vous emmené à Amandine sans m’en parler ? Parce que c’est ma fille. Vous auriez au moins pu me prévenir. Nous n’avions pas à demander la permission à qui que ce soit. Vous faites tout pour nous séparer.
Élise répondit : “Si votre relation est aussi solide que vous le dites, quelques jours de voyage ne devrait pas vous inquiéter.” Puis elle raccrocha. Amandine la regarda inquiète. Il est très en colère. Je sais, le soir venu, plusieurs dizaines de messages s’accumulèrent sur son téléphone. Certains étaient remplis de reproches, d’autres lui demandaient simplement de rentrer.
Elle ne répondit à aucun. Chaque jour passé loin de lui apportait un peu plus de clarté. Elle repensait aux humiliations, aux disparitions et aux tromperies de Matis avec un regard différent. Un soir, assise dans la cour avec Nadèj, elle murmura : “Je crois que je ne suis plus heureuse avec lui.
” Sa sœur la regarda avec surprise. Amandine n’avait encore jamais prononcé ses mots aussi calmement. “Alors, pourquoi restes-tu ?” Amandine fixa longtemps le sol. “Je ne sais pas. Le lendemain, alors qu’Amandine aidait ses cousines à préparer le déjeuner, une odeur de nourriture lui donna soudain envie de vomir.
Quelques minutes plus tard, les nausées recommencèrent.” Élise la regarda avec inquiétude. Sans dire un mot, elle compritant tout le monde ce qui était peut-être en train de se passer. Deux jours plus tard, la famille reprit la route du retour. Pendant les premières heures, Amandine conserva qu’elle avait retrouvé chez son oncle.
Mais à mesure qu’ils approchèrent de la ville, une agitation familière recommença à grandir en elle. Elle consulta son téléphone. Aucun nouveau message de Matis. Tu attends encore son appel ? Demanda Nadèj. Amandine verrouilla rapidement son téléphone. Non, mais elle savait que quelque chose venait de changer en elle.
Après leur retour à la maison, le verdict tomba. Amandine était enceinte. Élise prit la parole. Tu vas devoir lui annoncer. Amandine posa instinctivement une main sur son ventre. Oui. Le soir même, elle appela Matis. Il décrocha rapidement. Il faut que je te parle. Je t’écoute. Elle inspira profondément. Je suis enceinte.
Un long silence. Puis il répondit simplement : “D’accord, c’est tout ce que tu trouves à dire, on en parlera quand je rentrerai. Tu rentres quand ? Je ne sais pas encore.” La communication s’interrompit. Cette nuit-là, Matis ne rappela pas. Le lendemain non plus. Puis les jours commencèrent à s’accumuler. Aucune nouvelle.
Son téléphone restait désespérément silencieux. Matis avait disparu. Victor commençait à perdre patience. “Tu es sûr qu’il sait pour la grossesse ?” “Oui, papa.” Il ne répond plus. Non ! Victor bondit de sa chaise. Ce n’est pas un comportement d’homme. Calme-toi, dit Élise. Non, ma fille ne restera pas comme ça.
Quelques jours plus tard, contre toute attente, Mathis appela. Je suis de retour. Amandine sentit son cœur s’emballer. Où étais-tu ? J’avais du travail. Tu aurais pu donner des nouvelles. On peut se voir. Elle accepta immédiatement. Lorsqu’ils se retrouvèrent, Mathis semblait parfaitement détendu.
Tu vas bien ? Demanda-t-il. Amandine le regarda sans comprendre. Tu disparais pendant de mois et c’est la première question que tu me poses. Je suis là maintenant. Et pendant tout ce temps, tu n’as jamais pensé à moi ? Bien sûr que si. Alors pourquoi tu ne m’as pas appelé ? Il soupira légèrement.
Amandine, je viens à peine de rentrer. On ne va pas commencer à se disputer. Toute sa colère s’évanouit. Elle avait pourtant préparé un long discours, lui dire qu’elle en avait assez, qu’elle méritait mieux. Mais face à lui, les mots lui manquèrent. Lorsqu’elle rentra à la maison, Élise et Nadj l’attendaient dans le salon. Tu l’as vu ? Oui.
Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Qu’il va assumer. Assumer comment ? Demanda Nadj. Il n’a pas encore expliqué. Donc il a encore parlé sans rien dire, répondit Nadèj. Amandine se rédit. Il vient seulement de rentrer. Laissez-lui un peu de temps. Le lendemain matin, Victor apprit que Mathis était revenu. Dis-lui de venir me voir, papa.
Il vient à peine d’arriver. Moi aussi, j’ai attendu. Maintenant, je veux savoir ce qu’il compte faire. Deux jours plus tard, Matis présenta à la maison familiale. Amandine resta près de sa mère. Victor entra directement dans le vif du sujet. Ma fille, porte ton enfant. Matisqua. Tu as disparu pendant presque de mois.
J’étais en déplacement. Un déplacement empêche-t-il de passer un appel ? Mathis garda le silence. Victor poursuivit. Amandine vit encore chez nous. Nous nous inquiétons pour elle pendant que personne ne sait où tu se trouves. Je vais assumer mes responsabilités. Tu répètes cela depuis ton retour.
Je te demande ce que tu comptes réellement faire. Matis croisa lentement les mains. Je vais m’occuper de l’enfant. Victor ajouta. Et sa mère ? Matis tourna brièvement les yeux vers Amandine. Bien sûr, Nadj intervint. Pourtant, depuis qu’elle est enceinte, tu n’as presque pas été là. Cette discussion concerne les parents répondit Matis sans la regarder.
Nadj voulut répliquer mais Élise lui fit signe de se taire. Victor se pencha légèrement. Dans quelques mois, les gens verront que ma fille a eu un enfant sans être mariée. Elle portera seule toutes les critiques pendant que toi tu continueras tes voyages et tes concerts. Éce tourna la tête vers son mari. Victor, je dis seulement la vérité.
Matis conserva un visage impassible. Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Victor répondit sans détour que vous régularisiez votre situation. Amandine regarda Matis. Elle attendait une réaction, une hésitation, peut-être même une déclaration qui lui prouverait qu’il souhaitait réellement construire une famille avec elle.
Matis demanda, “Vous parlez d’un mariage ?” Oui, c’est bien ça. Élise intervint enfin. Personne ne devrait se marier uniquement à cause d’une grossesse. Victor se tourna vers elle. Et que proposes-tu ? qu’elle attende seule qu’il décide de revenir chaque fois qu’il en a envie. Je propose qu’on demande d’abord à Amandine ce qu’elle veut.
Tous les regards se dirigèrent vers elle. Amandine eut la gorge nouée. Quelques mois auparavant, elle aurait répondu sans hésiter. Elle aurait affirmé qu’elle voulait devenir la femme de Matis. Mais après les tromperies, les humiliations et les disparitions, la réponse ne lui semblait plus aussi évidente.
“Je veux que mon enfant ait une famille”, finit-elle par murmurer. Élise la regarda avec tristesse. “Ce n’est pas exactement ce que je t’ai demandé.” Amandine releva les yeux vers Matis. “Je veux croire qu’on peut encore arranger les choses.” Matis resta silencieux quelques secondes puis déclara : “D’accord, nous allons nous marier.
” Victor hocha la tête mais Éise continua d’observer Matis. Il venait d’accepter sans joie, sans surprise e sans même regarder Amandine, comme s’il réglait uma formalité qui ne lui coûtait rien. Quelques semaines plus tard, le mariage civil fut célébré. Peu après, Matis loua un appartement pour leur nouveau foyer.
Il avait tenu à s’occuper lui-même de l’aménagement. Selon lui, la grossesse d’Amandine était déjà suffisamment avancée pour qu’elle évite les déplacements et les efforts inutiles. Lorsqu’il lui remit, les principaux meubles étaient déjà installés. Amandine y vite une preuve qu’il prenait enfin leur mariage au sérieux.
Un soir, Matis Demain matin, je dois voyager. Cette fois, tu ne disparaîtras plus, demanda Amandine. Non, le lendemain matin, Matis était déjà parti. Les semaines s’écoulèrent sans qu’Amandine et la moindre nouvelle de lui. Un après-midi, une amie entra précipitamment dans la boutique. Amandine, qu’est-ce qu’il y a ? Tu connais Lydia ? Un nœud se forma dans la poitrine d’Amandine.
Oui, elle est enceinte. Tu en es sûr ? Lança Amandine. Tout le monde en parle. Amandine n’y croyait presque pas. Lydia attendait elle aussi un enfant de Matis. Le soir, Victor trouva Amandine derrière le comptoir. L’heure de fermeture était pourtant passée depuis longtemps. Plusieurs vêtements étaient étalés devant elle, mais elle ne semblait pas les voir.
Tu es toujours là ? Amandine continua de plier mécaniquement le même vêtement. Je terminais quelque chose. Victor regarda autour de lui. Elle s’arrêta enfin. Lydia est enceinte. Lydia, c’est qui ? Demanda Victor. La femme avec laquelle Matis me trompait. Amandine rangea le vêtement puis en prit un autre.
Elle attend aussi un enfant de lui. Pose ça, ma fille, dit Victor. Il faut que je finisse. Amandine. Elle serra le tissu entre ses doigts. Je pensais que le mariage changerait quelque chose. Je pensais qu’envenant son épouse, il finirait par me respecter. Victor ne trouva rien à répondre. C’était lui qui avait exigé ce mariage.
Lui qui avait cru qu’un acte signé suffirait à transformer Matis en père et en époux responsable. Je voulais te protéger, murmura-t-il. Je sais papa, mais je t’ai peut-être poussé à rester là où tu aurais dû partir. Amandine posa le vêtement qu’elle tenait. Je crois que je ne l’ai jamais vraiment connu.
Rentrons à la maison, ma fille, dit Victor. Quelques semaines plus tard, le travail commença près de 2 mois avant le terme. Pendant que les médecins s’occupaient du nouveau nez, Amandine ne cessait de regarder la porte. Elle espérait voir Matis entrer, mais il ne vint pas. Depuis leur retour de l’hôpital, Élise passait le plus clair de son temps dans l’appartement pour soutenir Amandine.
Elle refusait de laisser sa fille affronter seule les premières semaines avec un enfant prématuré. Un matin, pendant qu’Élise s’occupait du bébé dans le salon, la femme de ménage entreprit de déplacer le lit pour nettoyer la chambre en profondeur. Soudain, elle aperçut un petit paquet dissimulé contre le mur.
Madame Élise ! Élise arriva rapidement. Qu’est-ce qu’il y a ? La femme de ménage tenait un petit paquet soigneusement enveloppé dans un tissu. C’était caché sous le lit. “Ouvre, dit Élise. Vous êtes sûr ?” “Oui.” Le tissu fut lentement déplié. À l’intérieur se trouvait un petit récipient contenant un liquide épais couleur miel.
À côté reposait un morceau de tissu rouge. Élise appela immédiatement Amandine. La jeune femme entra dans la chambre. Sa mère désigna le paquet. “Regarde !” Les images de la grande mallette revinrent d’un seul coup à l’esprit d’Amandine. Maman ! Sa voix tremblait. J’ai déjà vu des objets très semblable.
Élise tourna brusquement la tête. Où ça ? Amandine prit une profonde inspiration e raconta toute l’histoire. Après quelques instants, Elise déclara calmement : “Je ne sais pas ce que c’est, mais je refuse de garder ça dans cette maison.” Élise remit soigneusement les objets dans le tissu sans les toucher davantage.
Nous ne resterons pas ici cette nuit. Elle appela Victor qui vint récupérer le paquet e le fit immédiatement sortir de l’appartement. Amandine ne demanda ni où il l’emportait ni ce qu’il comptait en faire. Elle prit son fils e retourna dormir chez ses parents. Cette nuit-là, Amandine était assise sous la véranda de la maison familiale lorsque sa mère vint la rejoindre.
Tu ne dors pas ? Je réfléchis. Amandine murmura. Maman ? Oui. Tu crois que tout ça a un lien ? Je ne sais pas, mais il se ressemble trop pour que ce soit une simple coïncidence. Laisse-moi te poser une question, dite. Pendant tout ce temps, combien de fois as-tu voulu quitter Matis ? Je ne sais plus, peut-être 20 fois.
Et pourquoi es-tu toujours revenu ? Amandine ouvrit la bouche. Elle réfléchit longtemps. Je n’en sais rien. Elise poursuivit calmement. Cet homme t’a trompé. Il t’a humilié. Il t’a laissé seul pendant ta grossesse. Il n’était même pas là à la naissance de son fils. Pourtant, tu continuais de courir vers lui.
Est-ce que tu trouves cela normal ? Amandine repensa à toutes les fois où elle avait préparé ses affaires, à toutes les décisions prises le soir e abandonné dès que Matis l’appelait. Non, ce n’était pas normal. Elle prononça une phrase qu’elle n’avait encore jamais dite avec autant de conviction. Maman, je veux divorcer. Un profond soulagement traversa le regard d’Élise, aussitôt remplacé par l’inquiétude.
“Tu es certaine ?” Amandinecha lentement la tête. Le lendemain, Amandine demanda à parler à son père e à Nadèj. Lorsqu’ils furent tous réunis dans le salon, elle déclara sans détour : “J’ai décidé de divorcer.” “Tu es sûr de toi ?” demanda Victor. “Oui, papa, un divorce n’est pas une petite décision.
” Amandine le regarda droit dans les yeux. “Le mariage non plus. Pourtant, je l’ai épousé alors qu’il avait déjà commencé à m’abandonner. Cette fois, je ne déciderai pas à ta place, dit Victor. Si tu veux réellement partir, personne ne t’obligera à retourner avec lui. Nadj intervint. Il faudra surtout éviter de rester seul avec lui lorsqu’il apprendra la nouvelle.
Amandine sentit une légère appréhension l’envahir. Il ne me fera rien. Tu as dit la même chose chaque fois qu’on t’avertissait, conclut Nadjch. Quelques jours plus tard, Mathis demanda à voir son fils. Amandine accepta, mais la rencontre eut lieu dans la maison familiale. Il a grandi dit Mathis en berçant son fils.
Tu aurais pu le voir grandir, répondit Amandine. Matis leva les yeux vers elle. Je suis souvent en déplacement. Tu trouves toujours une raison. Il joua quelques minutes avec l’enfant, ignorant complètement les reproches qui venaient de lui être adressé. Amandine demanda à sa mère d’emmener le petit garçon. Lorsqu’ils se retrouvèrent seul dans le salon, Mathis s’installa confortablement.
Amandine resta debout. Tu voulais me parler ? Oui, je t’écoute. Je veux qu’on divorce. Matis ne bougea pas. Son visage ne laissa paraître aucune émotion. Tu es sérieuse ? Oui. Il esquissa un léger sourire. C’est ta mère qui t’a encore mis des idées dans la tête ? Ma mère ne m’a rien demandé.
Alors, c’est ta sœur, c’est ma décision. Mathis se redressa. Tu ne prends jamais ce genre de décision toute seule. Amandine serra les mains pour empêcher ses doigts de trembler. Justement, pendant longtemps, j’ai eu l’impression de ne plus être capable de décider par moi-même. Le sourire de Matis disparut. Qu’est-ce que ça veut dire ? Amandine pensa à la mallette, au paquet retrouvé sous le lit de leur appartement.
Elle choisit pourtant de ne rien dire. Cela veut simplement dire que je ne veux plus vivre comme ça. Tu crois que le divorce va résoudre tous tes problèmes ? Il m’éloignera au moins de celui qui me fait le plus souffrir. Matis se leva. Sa voix devint plus douce. Amandine, nous avons un enfant. Tu t’en souviens seulement quand cela t’arrange ? Je reconnais que j’ai fait des erreurs.
Elle resta surprise. C’était la première fois qu’il prononçait ses mots. Matis poursuivit. Donne-moi une dernière chance, je vais changer. Amandine sentit ses certitudes vacillées. Il prit sa main. Nous pouvons recommencer ailleurs. Toi, moi e notre fils. Je vais réduire mes voyages. Je serai davantage présent.
Amandine retira lentement sa main. Tu aurais pu changer depuis longtemps. Donc ta décision est prise ? Oui, à peine comprit-il qu’elle ne céderait pas que son visage se referma. Tu penses qu’après moi un homme voudra encore t’épouser ? Il rana. Une femme divorcée avec un enfant, les hommes pourront s’amuser avec toi, mas t’épouser e fonder une famille jamais.
Ces mots la blessèrent profondément. Autrefois, ils auraient suffi à la faire pleurer, à la pousser à demander pardon ou à remettre sa décision en question. Cette fois, elle resta silencieuse. Matis poursuivit. Et ta boutique, tu oublies peut-être qui t’a permis de l’ouvrir. Je ne l’oublie pas. Sans moi, tu n’aurais rien eu.
Tu m’as offert un local e quelques marchandises. Je t’en ai toujours été reconnaissante. Mais c’est moi qui ouvre cette boutique chaque matin. C’est moi qui travaille. C’est moi qui nourrit ton fils pendant que tu disparais. Matis plissa les yeux. Tu es devenue bien courageuse. Non, je suis seulement fatiguée d’avoir peur.
Elle se dirigea vers la porte du salon e l’ouvrit. Tu peux partir maintenant Amandine. Nous n’avons plus rien à nous dire. Avant de sortir, Matis se tourna une dernière fois vers elle. Tu reviendras. Il prononça cette phrase avec une telle assurance qu’elle ressemblait presque à une menace. La porte se referma derrière lui.
Quelques semaines plus tard, les deux époux se retrouvèrent devant le juge pour l’audience. Après avoir examiné leur dossier, celui-ci fixa le montant de la pension alimentaire que Matis devrait verser pour l’entretien de leur enfant. Matis signa les documents sans émettre la moindre objection. À la sortie du tribunal, il passa devant Amandine sans lui adresser un seul regard.
Les mois suivants, aucun paiement n’arriva. Chaque fin de mois, Amandine espérait. Chaque fin de mois, elle était déçue. Après plusieurs mois de procédure, le divorce fut officiellement prononcé. Amandine dit à sa mère : “Tu sais ce qui est étrange ? Avant, je ne pouvais pas passer une journée sans attendre son appel.
Et maintenant, je peux passer une semaine entière sans éprouver le besoin de savoir où il se trouve. Sa mère sourit. Peu importe ce qui te retenait, aujourd’hui tu es libre. Le temps passa e certaines paroles de Matis continuaient de revenir dans l’esprit d’Amandine. Aucun homme ne voudra épouser une femme avec un enfant. Elle faisait semblant de ne plus y penser, mais au fond d’elle, ses mots avaient laissé une blessure.
Amandine se consacrait entièrement à son fils. Sa boutique occupait la plus grande partie de ses journées. Petit à petit, elle retrouvait le goût de vivre. Des années après, elle devait prendre un vol pour se rendre dans un autre pays afin d’assister à un événement. Quelques minutes après le décollage, l’homme assis à côté d’elle lui adressa un sourire. Excusez-moi.
Vous voyagez souvent ? Amandine lui rendit son sourire. Pas vraiment. Moi non plus. Ils échangèrent quelques mots. Lorsque l’avion atterrit, l’homme hésita avant de demander “Est-ce que je peux vous laisser mon numéro ?” Amandine sourit. D’accord. L’homme s’appelait Gabriel.
Les semaines suivantes, ils apprent à se connaître. Un soir, alors qu’il marchait tranquillement, Amandine prit enfin son courage à deux mains. Il faut que je te dise quelque chose. Je t’écoute. J’ai un fils. Gabriel sourit. Je le sais. Amandine le regarda surprise. Tu le savais ? Tu me l’avais laissé deviner ? Amandine ajouta : “Baucoup d’hommes seraient partis.
” Gabriel répondit : “Moi, je ne suis pas beaucoup d’homme.” Amandine le dévisagea comme si elle cherchait le piège caché derrière cette réponse. Mais Gabriel ne tenta ni de se justifier, ni de la convaincre. Il continua simplement de marcher à ses côtés. Quelques mois plus tard, Gabriel fit la connaissance du petit garçon.
Très vite, une complicité n’aquie entre eux. Les années passèrent. Amandine donna naissance à deux autres enfants, une fille puis un garçon. Avec Gabriel, Amandine construisit enfin le foyer paisible qu’elle avait autrefois espéré bâtir avec Matis. Matis, lui, refit également sa vie.
Il eut d’autres enfants, mais il ne versa jamais la pension alimentaire fixée par le tribunal. Chaque fois qu’il apercevait Amandine au loin, il changeait discrètement de direction comme s’il craignait encore qu’elle lui réclame ce qu’il devait à son fils. Un soir, alors que toute la famille était réunie autour de la table, Amandine leva les yeux vers le ciel.
Pendant longtemps, elle avait cru que sa vie s’était arrêtée le jour où elle était tombée amoureuse de Matis. Aujourd’hui, elle savait que Matis n’avait jamais été la fin de son histoire. Il n’avait été qu’un chapitre douloureux avant le commencement d’une vie nouvelle. Tous les attachements ne sont pas forcément naturels.
Lorsqu’une personne souffre, veut partir mais se sent mystérieusement incapable de le faire, il peut exister une emprise qui dépasse le simple amour. Refuser systématiquement les conseils de sa famille peut conduire à découvrir trop tard ce qu’elle tentait de nous éviter. Être divorcé e avoir un enfant ne retire ni la valeur d’une femme, ni son droit de connaître un amour sincère.
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