Elle pensait que sa colocataire était humaine…elle s’est trompée
J’ai 10 personnes qui attendent cet appartement. Sandra avait mis une annonce sur tous les groupes Facebook possibles. Cherche colocataire femme pour appartement standing à Marcory, chambre meublée climatisé, 150000 francs par mois, charge comprise. Non fumeuse, propre, calme, disponible immédiatement. Les réponses affluèrent.
Des étudiantes sans argent qui voulaient négocier, des femmes mariées qui cherchaient un piét à terre pour leurs aventures, des filles bizarres qui posaient des questions étranges sur l’orientation de l’appartement ou la présence de miroir. Sandra commençait à désespérer quand Marline se présenta. C’était un mardi soir.
Sandra rentrait épuisée du travail quand elle la trouva devant sa porte. Grande, élancée, peau d’ébenes parfaites, cheveux naturels, coiffés en afro majestueux. Elle portait un ensemble pagne moderne qui devait coûter une fortune. Bonsoir, je suis Marline Assémiant. J’ai vu votre annonce. Sa voix était mélodieuse, presque hypnotique.
Sandra se sentit immédiatement en confiance. Oh, bonsoir, entrez, je vais vous faire visiter. Marlè parcourut l’appartement en silence. Elle s’attarda dans la chambre disponible, passa sa main sur les murs, regarda longuement par la fenêtre. “C’est parfait”, dit-elle finalement. Je le prends. Vous ne voulez pas discuter du prix, des conditions ? 150000 par mois. C’est bien ça.
Voici 3 mois d’avance. Elle sortit une liace de billet. 450000 francs en liquide. Sandra n’en croyait pas ses yeux. Vous vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas réfléchir ? Marlè sourit. Un sourire parfait. Trop parfait. Ses dents brillaient comme des perles. J’ai attendu longtemps pour trouver le bon endroit.
Cet appartement a exactement ce que je cherche. Et qu’est-ce que vous cherchez exactement ? Un endroit tranquille avec quelqu’un de bien, quelqu’un comme vous ? Sandra ? Commentsait-elle son prénom ? Sandra ne l’avait pas dit, mais dans l’euphorie du moment, elle n’y prêta pas attention. Vous faites quoi dans la vie, consultante ? Je travaille principalement la nuit, décalage horaire avec mes clients internationaux.
J’espère que ça ne vous dérangera pas. Non, pas du tout. Tant que vous êtes discrète. Oh, vous ne m’entendrez pas, je vous le promets. Marlè emménagea le lendemain. Deux valises seulement, pas de meuble, pas de carton, comme si elle n’avait pas de passé. Les premières semaines furent paradisiaques. Marline était la colocataire rêvée, toujours souriante, toujours propre.
Elle nettoyait l’appartement sans qu’on le lui demande. Payait sa part Ruby sur l’ongle, ne faisait jamais de bruit. Sandra se félicitait de sa chance. Après la trahison de Kevin, elle avait trouvé une amie, ou du moins, c’est ce qu’elle croyait. Le premier mois passa sans incident.
Sandra travaillait la journée, rentrait vers 19h. Marlè partait travailler vers 20h, revenait on ne sait quand. Leur chemin se croisait peu, mais quand c’était le cas, elle papotait agréablement. Marline était cultivée, drôle, attentionnée. Elle laissait des petits mots gentils sur le frigo, achetait le parfum de lessive préféré de Sandra, préparait même parfois du café.
le matin, même si elle n’en buvait jamais. “Tu ne prends jamais de petit-déjeuner ?” demanda Sandra un matin. “Je mange au travail”, répondit Marline avec son sourire parfait. C’était plausible. Mais petit à petit, Sandra remarqua des détails troublants. D’abord, la nourriture. Marlè avait son étagère dans le frigo, mais elle était toujours vide.
Pas de fruits, pas de légumes, pas même une bouteille d’eau. Le placard qui lui était attribué vide aussi. “Tu manges toujours dehors ?” interrogea Sandra un soir. J’ai des besoins alimentaires spécifiques. Je préfère gérer ça à l’extérieur pour ne pas t’importuner. Allergie, régime strict, Sandra n’insista pas. Chacun ses habitudes.
Puis il y eu l’incident de la salle de bain. Sandra s’était levée à 3h du matin pour aller aux toilettes. En passant devant la salle de bain, elle vit de la lumière sous la porte. Marlè devait être rentrée. Elle allait continuer son chemin quand elle entendit un bruit étrange comme un sifflement. Non, plutôt un chouintement comme un serpent mais en plus gros.

Beaucoup plus gros. Marline, ça va ? Le bruit cessa instantanément. Oui, très bien. Désolé si je t’ai réveillé. La voix de Marlè était normale, mais il y avait quelque chose comme un écho, comme si plusieurs voix parlaient en même temps. Sandra retourna se coucher mal à l’aise. Le lendemain, elle inspecta discrètement la salle de bain.
Rien d’anormal, sauf des traces sur le miroir comme des griffures. Quatre sillons parallèles, trop espacés pour être fait par une main humaine. “Le miroir est rayé”, dit-elle à Marlè le soir. Marlè regarda les traces, fronça les sourcils. Oh, je suis désolé, j’ai dû le cogner avec ma bague. Je le ferai remplacer. Elle ne portait pas de bague.
Le lendemain, le miroir était neuf. Comment avait-elle fait si vite ? Les vitriers ne travaillaient pas la nuit. D’autres choses étranges s’accumulèrent. Les plantes de Sandra, d’habitude florissantes, commencèrent à dépérir dès que Marline s’en approchait. Les chats du quartier qui venaient souvent sur le balcon avaient disparu. Le chien des voisins aboyait hystériquement quand Marlè passait dans le couloir et puis il y avait les ombres.
Sandra l’avait remarqué un soir où elle regardèrent la télé ensemble. La lumière du plafonnier éclairait le salon. Sandra voyait sa propre ombre sur le mur. Mais celle de Marlène, elle n’était pas là. Ou plutôt elle était ailleurs décalée comme si elle n’obéissait pas aux lois de la physique. Marline, ton ombre. Marlè tourna la tête si vite que Sandra surssauta.
Ses yeux d’habitude marron brillaient d’une lueur dorée. “Mon ombre, elle est bizarre.” Marlè regarda le mur. Son ombre apparut soudain parfaitement normal. “Tu es fatigué, Sandra, tu devrais te reposer.” Le ton était doux, mais il y avait un ordre sous-jacent. Sandra se sentit soudain très fatiguée. Elle alla se coucher sans poser plus de questions.
Cette nuit-là, elle fit des rêves étranges. Elle était dans l’appartement, mais tout était différent. Les murs sointaient une substance noire. Le sol était couvert de symboles qu’elle ne reconnaissait pas. Et au centre du salon, Marlè, mais pas la marline qu’elle connaissait. Cette marline avait la peau écailleuse, des yeux entièrement dorés sans pupilles, des griffes à la place des ongles et derrière elle des ombres mouvantes qui n’avaient rien d’humain.
“Bientôt, disait cette Marline dans le rêve, bientôt, tu comprendras.” Sandra se réveilla en sueur. Il était 4h du matin. Elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir. Marlè rentrait mais par la fenêtre, Sandra vit quelque chose d’impossible. Marlè marchait dans la cour de l’immeuble, mais elle n’était pas seule. Des formes sombres la suivaient.
Non, elle sortait d’elle comme si elle était une porte vers ailleurs. Sandra se recoucha, le cœur battant. Qui était vraiment Marlè ? Qu’est-ce qu’elle était ? Les jours suivants, Sandra décida d’enquêter discrètement. Elle commença par Google. Marlè Assemian ne donnait aucun résultat. Pas de Facebook, pas de LinkedIn, pas d’Instagram.
comme si elle n’existait pas. Elle essaya de la prendre en photo pour faire une recherche inversée, mais à chaque fois les photos étaient floues où Marline tournait la tête au dernier moment où l’appareil buggait mystérieusement. Un soir, Sandra proposa de dîner ensemble. J’ai préparé du qu de genoux. Ma spécialité, tu vas adorer.
C’est gentil mais j’ai déjà mangé, répondit Marlène. Allez, juste pour goûter. Marlè accepta à contre-cœur. Elle s’assit à table, prit une cuillère de riz, porta à sa bouche, mâcha lentement, trop lentement, comme si elle imitait le geste sans savoir vraiment comment faire. “C’est délicieux”, dit-elle en avalant. Mais Sandra vit le riz descendre dans sa gorge, littéralement comme si sa gorge était transparente pendant une fraction de secondes.
Et le riz ne descendait pas dans un estomac, il tombait dans du vide. Excuse-moi. Marlè se leva précipitamment, courut à la salle de bain. Sandra entendit des bruits de vomissement, mais pas des bruits normaux. C’était plus profond, plus gutural, comme si quelque chose de gros régurgitait. Quand Marlè revint, elle était pâle.
Enfin, plus pâle que d’habitude. Désolé, mon estomac ne supporte pas la nourriture épicée. Le qu de genou n’était pas épicé. Cette nuit-là, Sandra ne dormit pas. Elle fit semblant mais garda les yeux entrouverts. Vers deux heures du matin, elle entendit la porte de Marlè s’ouvrir, des pas dans le couloir, mais pas des pas normaux.
Trop nombreux, comme si plusieurs personnes marchaient en même temps ou comme si Marline avait plus de deux jambes. Sandra se leva silencieusement, entreouvrit sa porte. Ce qu’elle vit la glaça. Marline était dans le salon, mais elle n’était pas seule. Il y avait d’autres marlines, trois, quatre, peut-être plus, toutes identiques, toutes translucides.
Elle se mouvait indépendamment, fouillant l’appartement. L’une d’elles s’approcha de la chambre de Sandra. Celle-ci ferma rapidement sa porte, le cœur battant. Elle entendit la poignée tourner doucement, puis plus rien. Au matin, Marlè était normale, souriante, aimable. Bien dormie ? Demanda-t-elle. Oui, très bien, mentit Sandra. Tant mieux.
Le sommeil est important pour les humains. Pour les humains, drôle de façon de formuler. Sandra décida de pousser l’enquête. Elle prit un jour de congé, attendit que Marlè parte puis fouilla sa chambre. La pièce était glaciale, anormalement froide. Le lit était fait, mais quand Sandra toucha les draps, ils étaient couverts d’une fine poussière noire comme de la suit mais qui ne tâchait pas.
L’armoire était vide, complètement vide, pas un vêtement. Pourtant, Marlè portait des tenues différentes chaque jour. Sous le lit, Sandra trouva quelque chose. Une boîte en métal verrouillé. Elle força la serrure avec un tournevis. À l’intérieur, des photos anciennes, très anciennes. Des photos en noir et blanc. Sepia, datant visiblement de décennies et sur toutes Marlè Exactement la même, pas vieilli d’un jour.
Une photo de 1960 Marline devant l’ancien palais présidentiel. Une de 1975, Marlè à la plage de Grand Bassam. Une de 1988 Marlè au marché de Tricheville. Toujours le même visage, le même âge, le même sourire. Au fond de la boîte, un document, un acte de décès. Marlè Assémian, née le 3 mars 1940, décédé le 17 août 1962, cause du décès : noyade.
Marlè était morte en 1962. Il y a plus de 60 ans, Sandra entendit la porte d’entrée s’ouvrir. Impossible ! Marline ne rentrait jamais avant la nuit. Elle remit rapidement tout en place, sortie de la chambre. Marline était dans le salon. Elle souriait mais ce n’était plus le même sourire. C’était un sourire de prédateur.
Tu as trouvé ce que tu cherchais, Sandra ? Sandra resta figée. Marlè savait. Évidemment qu’elle savait. Je ne sais pas de quoi tu parles. Ne mens pas. Je sens ton odeur dans ma chambre. La peur a une odeur très particulière. Sucré, presque appétissante. Marline s’approcha. Ses mouvements étaient fluides, trop fluides, comme si elle glissait plutôt que de marcher.
Tu as vu les photos ? Tu as vu l’acte de décès ? Tu as des questions, j’imagine. Sandra recula jusqu’au mur. Qu’est-ce que tu es ? La question n’est pas quoi, mais pourquoi ? Pourquoi je suis ici ? Pourquoi je t’ai choisi ? Me choisir, c’est moi qui ai mis l’annonce. Marlè rit. Un rire qui raisonnait étrangement comme venant de plusieurs gorges.
Tu crois vraiment que c’était un hasard ? Que Kevin t’a quitté par hasard ? Que tu t’es retrouvé seul par hasard ? Tu tu as fait partir Kevin ? Je lui ai montré ce qu’il voulait voir. La fille d’en face, plus jeune, plus disponible. Les humains sont si faciles à manipuler. Un petit push mental et hop, ils font exactement ce qu’on veut.
Sandra sentit la colère montée. Pourquoi ? Pourquoi détruire ma vie ? Détruire ? Je l’ai amélioré. Kevin ne te méritait pas. Il te trompait depuis des mois. Je t’ai juste évité de le découvrir de façon plus douloureuse. Ça ne répond pas à ma question. Qu’est-ce que tu veux ? Marline s’assit sur le canapé, croisa les jambes. Dans cette position, Sandra remarqua que ses pieds ne touchaient pas vraiment le sol.
Il flottait à quelques millimètres. Je suis morte en 1962, noyé dans la lagune et brillé. Accident, ont-ils dit. Mais c’était un meurtre. Mon fiancé m’a poussé. Il voulait épouser ma sœur, plus jeune, plus belle selon lui. Et tu es revenu pour te venger ? Oh, je me suis vengé depuis longtemps.
Il est mort en 1963. Crise cardiaque. Personne n’a fait le lien avec les griffures sur son cœur. Les griffures de l’intérieur. Sandra frissonna. Mais après la vengeance, il restait le vide. ni vivante, ni vraiment morte, coincé entre les deux mondes. Alors, j’ai eré décennies après décennies, observant les vivants, envant leur chaleur.
Et maintenant, maintenant, je cherche un moyen de revenir vraiment, de redevenir humaine. Et pour ça, j’ai besoin de quelque chose qu’on ne peut pas prendre de force. Quelque chose qui doit être donné volontairement. Quoi ? Une vie. Une vie offerte par amitié, par amour ou par compassion. Si quelqu’un accepte de me donner sa vie, je peux la prendre, reprendre sa place, redevenir mortel. Sandra comprit l’horreur.
Tu veux ma vie ? Je veux une vie. La tienne serait parfaite. Tu es jeune, en bonne santé, tu as un travail. Pas de famille proche pour poser des questions. Idéal pour recommencer. Jamais. Je ne force personne. C’est la règle. Le don doit être volontaire. Mais laisse-moi te montrer quelque chose.
Marlè se leva, prit la main de Sandra. Le contact était glacé. Le monde bascula. Soudain, Sandra voyait à travers les yeux de Marlè le monde des morts. L’appartement était le même mais différent. Les murs étaient transparents. Elle voyaient à travers dans les autres appartements et partout. Des morts, des dizaines, des centaines.
La vieille dame du troisème étage, madame Quassie, n’était pas seule. Son mari, mort depuis 10 ans, était assis à côté d’elle. Il regardait la télé ensemble, mais lui était translucide. Le petit garçon du rez-de-chaussée jouait avec son frère jumeau, celui qui était mort à la naissance. Partout, les morts cohabitaient avec les vivants, invisible pour la plupart.
Mais là, toujours là, tu vois, dit Marlè, nous sommes partout. La mort n’est pas une fin, c’est une transition. Mais une transition douloureuse quand on reste coincé. Pourquoi moi ? Pourquoi pas quelqu’un d’autre ? Parce que tu me rappelles moi avant indépendante, forte, blessée par l’amour mais pas brisée. Je pourrais être heureuse dans ta vie.
Le monde redevint normal. Sandra était de retour dans son salon tremblante. Je ne te donnerai jamais ma vie. Je ne te la demande pas. Pas encore. Vis avec moi. Apprends à me connaître. Peut-être qu’un jour tu auras pitié ou peut-être que tu comprendras que ta vie ne vaut pas grand-chose comparé à l’éternité de souffrance.
Et si je pars, si je déménage, je te suivrai. Je suis lié à toi maintenant depuis le moment où tu m’as invité chez toi. C’est comme ça que ça marche. Une fois qu’un mort est invité, il peut rester. Les semaines qui suivirent furent surréalistes. Sandra vivait avec un fantôme qui ne se cachait plus.
Marlè utilisait ouvertement ses pouvoirs, traversait les murs, apparaissait et disparaissait, multipliait son corps. Ça ne te coûte rien d’essayer de vivre normalement. disait Marlè. Je ne te ferai pas de mal, je ne peux pas. Autre règle. Sandra essaya de fuir. Elle alla dormir chez son ami Patricia. Mais Marlè était là aussi, assise dans un coin de la chambre souriante.
Je t’ai dit, je suis lié à toi. Elle essaya l’église. Le prêtre asperge l’appartement d’eau bénite. Marlè rit. Je ne suis pas un démon, je suis juste morte. L’eau bénite ne fait rien aux morts. Elle essaya un marabou. Il prit son argent, fit des incantations, brûla des herbes. Marlè le regardea faire amusé. Il est doué mais il ne peut pas défaire un lien volontaire.
Tu m’as invité, souviens-toi. Sandra était piégée. Elle ne pouvait pas partir, ne pouvait pas la chasser. Alors, elle décida de faire avec, de cohabiter, d’apprendre. Elle posa des questions à Marlè sur la mort, sur l’au-delà, sur les règles. Tous les morts deviennent comme toi ? Non, la plupart passe de l’autre côté, vers la lumière, le repos, peu importe comment on l’appelle, mais certains restent par choix ou par accident. Par accident.
Mort violente, mort injuste, attachement trop fort au vivants. Les raisons sont nombreuses. Et vous êtes combien ? Des milliers rien qu’à Abidjan. Des millions dans le monde. Vous ne nous voyez pas mais nous sommes là. Sandra appris à vivre avec cette nouvelle réalité. Le matin, elle prenait son café pendant que Marline lisait le journal sans le toucher, juste en regardant à travers.
Le soir, elle regardaèrent la télé ensemble. Marline commentait les émissions, critiquait les acteurs, riait aux comédies presque normales, presque humaine. “Tu ressens des émotions ?” demanda Sandra un soir des échos d’émotion comme un souvenir de ce que c’était de ressentir. La joie éterne, la tristesse est lointaine.
Seule la nostalgie est vraie, la nostalgie de la vie. C’est pour ça que tu veux mon corps, pas ton corps, ta vie, l’étincelle qui l’anime. Si tu me la donnes, ton corps reste le tien. C’est moi qui pars vers le repos éternel. Et moi, je deviens comme toi. Non, tu deviens moi. Mais avec tes souvenirs, ta personnalité. Juste sans corps.
C’était tant parfois quand Sandra voyait sa vie. Travail épuisant, salaire médiocre, solitude affective. Qu’est-ce qu’elle perdrait vraiment ? Mais non, la vie, même médiocre, valait mieux que cette demi-existence. Un soir, Sandra rentra du travail et trouva l’appartement transformé, décoré pour son anniversaire.
Gâteau que Marline ne pouvait pas avoir fait mais avait commandé. Ballon, cadeaux. Joyeux anniversaire Sandra ! Comment tu savais ? J’ai vu ton passeport 28 ans aujourd’hui, un bon âge. Pour mourir, pour vivre. C’est pour ça que je ne te demande rien aujourd’hui. Profite. C’était ça le plus troublant. Marline pouvait être gentille, attentionné, presque une amie.
Si on oubliait qu’elle était morte et voulait votre vie. Des amis vinrent. Patricia, Yanne, Kouamé. Ils ne voyent pas Marlè qui s’était rendu invisible pour l’occasion. Mais Sandra la voyait dans un coin, observant avec envie. Après leur départ, Marlè réapparut. C’était bien ? Oui, merci. De rien, j’aimais les anniversaires.
Avant, ma mère faisait toujours un gâteau au chocolat. Mon père jouait de la guitare. Ma sœur, elle s’arrêta. Si les fantômes pouvaient pleurer, Marline pleurerait. Ta sœur, celle pour qui ton fiancé t’a tué, elle ne savait pas. Elle a épousé mon meurtrier, eu trois enfants avec lui. Elle a été heureuse, je crois.
Elle est morte en 2010. Cancer, elle est passée de l’autre côté. Elle n’est pas restée comme moi. Tu lui en veux ? Non, elle n’a jamais su. C’est mieux comme ça. 6 mois passèrent. Sandra s’était habitué à sa colocataire fantôme. C’était devenu normal. Marlè l’aidait même parfois. Ses pouvoirs étaient utiles.
Quand le propriétaire de l’entreprise voisine harcelait Sandra, Marline lui rendit visite la nuit. Il démissionna le lendemain terrorisé. Quand des voleurs tentèrent de cambrioler l’appartement, ils s’enfuirent en hurlant après avoir vu Marlè sous sa vraie forme. Quand Sandra tomba malade, Marlè veilla sur elle. Ne pouvant pas la toucher vraiment, elle appelait les secours, commandait les médicaments, s’assurait qu’elle allait bien.
Une symbiose étrange s’était installée. Sandra avait presque oublié que Marline voulait sa vie jusqu’à ce soir de décembre. Sandra rentra du travail et trouva Marline affaiblie, plus transparente que d’habitude, tremblante. Qu’est-ce qui se passe ? C’est le 17, le 17 décembre, l’anniversaire. De quoi ? De ma mort. Chaque année, ce jour-là, je revis noyade.
Je sens l’eau entrer dans mes poumons. Je sens la vie me quitter encore et encore. Marlè souffrait visiblement. Son corps se dissolvait et se reformait comme si elle mourait en boucle. Comment je peux t’aider ? Tu ne peux pas, sauf si je te donne ma vie. Oui, ce serait fini pour nous deux. Sandra regarda Marlè, cette femme morte qui était devenue malgré tout son amie, qui souffrait depuis plus de 60 ans, qui ne demandait qu’à se reposer.
Et si je dis oui, comment ça se passe ? Tu dis les mots. Je te donne ma vie volontairement. Je prends ta place. Tu prends la mienne. C’est instantané, sans douleur. Et après, après, je vis ta vie. quelques années, décennies si j’ai de la chance. Puis je meurs naturellement et je passe de l’autre côté et toi, je deviens comme toi.
Oui, mais tu peux choisir de passer de l’autre côté immédiatement. Ne pas rester, c’est un choix. Sandra réfléchit. Sa vie contre la libération de Marlè, son sacrifice pour mettre fin à six décennies de souffrance. Je Un bruit à la porte. Kevin, son ex bourré, pleurant. Sandra, je suis désolé, j’ai fait une erreur. Elle m’a quitté.
Je t’aime, reprends-moi. Il tambourinait à la porte. Sandra ouvrit. Kevin, va-t-en. Non, pas tant que tu ne m’aura pas pardonné. Il la poussa, entra de force. Vis Marlè ou plutôt vie à travers Marlè. L’alcool peut-être ou le choc émotionnel. C’est quoi ce truc ? Sors de chez moi ! Kevin paniquait. Il saisit une lampe, la lança sur Marlène, elle passa à travers, il courut vers le balcon, trébuch, bascula par-dessus la rambarde.
Sandra et Marline se précipitèrent. Trop tard, Kevin gisait trois étages plus bas, mort. Mais son fantôme remontait déjà, flottant, confus. Qu’est-ce qui Sandra ? Je suis où ? Il voyait maintenant Marline clairement. Comprenait ce qu’il était devenu. Non, non, je ne veux pas être mort. Tu as le choix, dit Marlen. Passer de l’autre côté ou rester.
Restez, Sandra, aide-moi. Sandra regarda Kevin le fantôme, puis Marlen. Elle compit. Kevin resterait, hanterait l’appartement, la hanterait elle. Encore un fantôme dans sa vie. Marline, oui, je te donne ma vie volontairement. Un éclair. Sandra sentit quelque chose la quitter, sa substance, son essence. Elle devint légère, transparente.
Marlè, elle devint solide. vivante. “Merci”, murmura Marline avec les lèvres de Sandra. Sandra, maintenant fantôme, regarda son ancien corps. Marline l’habitait avec grâce. Puis elle vit la lumière, le passage. Elle pouvait partir maintenant, laisser Kevin seule avec ses regrets. Elle se tourna une dernière fois vers Marlè.
“Vis bien ma vie, je te le promets.” Sandra entra dans la lumière et disparut. Marlè, maintenant Sandra regarda Kevin le fantôme. Tu peux rester si tu veux mais les règles sont claires. Pas de contact forcé, pas de harcèlement. Où je te fais disparaître ? Kevincha la tête terrorisée. Marlè Sandra sourit. 60 ans d’attente. Enfin, elle vivait à nouveau.
Le cœur qui battait, les poumons qui respiraient, la chaleur du sang dans les veines. Elle prit le téléphone, appela les secours pour Kevin. Puis elle s’assit, savoura une gorgée de café. Le goût ! Elle avait oublié le goût. Une nouvelle vie commençait. Une vie donnée par amitié, par compassion. Le plus beau des cadeaux.
Marline vit toujours dans l’appartement de Marcory. Pour tout le monde, elle est Sandra Coffee. Elle travaille, rit, aime. Personne ne sait que la vraie Sandra a choisi de partir, de donner sa vie pour libérer une âme en peine. Kevin le fantôme est toujours là, condamné à voir son ex-copine vivre sans lui.
Justice poétique pour celui qui l’avait trahi. Parfois de nouveaux morts arrivent. Marlè Sandra les aide à passer de l’autre côté. C’est sa façon d’honorer le sacrifice de Sandra. Car c’est ça le secret des fantômes. Ils ne sont pas là pour nous hanter. Ils sont là parce qu’ils ne peuvent pas partir de leurs regrets, de leurs attachements, de leurs souffrances.
Et parfois il faut le sacrifice d’un vivant pour les libérer. Si un jour votre colocataire semble étrange, ne mange jamais, n’a pas d’ombre normale, posez-vous la question. Est-ce vraiment un humain ? Ou est-ce quelqu’un qui attend depuis très longtemps qu’on lui offre une seconde chance ? Merci d’avoir suivi cette histoire.
Si elle t’a glacer le sang, abonne-toi et laisse un like. À très bientôt pour une nouvelle histoire.